La nouvelle société du coût marginal zéro, l’Internet des objets, l’émergence des communaux collaboratifs et l’éclipse du capitalisme, par Jeremy Rifkin

Dans ce livre, Rifkin traite magistralement de l’économie des communaux collaboratifs (qu’on pourra associer ou rapprocher de l’uberisation de l’économie), cette nouvelle économie de l’internet : collaborative, latérale et connectée. Son regard historique sur le capitalisme et les grandes révolutions industrielles et technologiques est absolument passionnant, ainsi que sa mise en perspective historique de certaines valeurs (liberté, propriété privée) que l’on a trop vite considérées comme universelle.

 

Cet article des Swappeurs s’intéresse uniquement à :

 

L’économie des communaux collaboratifs

 

Sous ce label, Jeremy Rifkin décrit la révolution collaborative, latérale et connectée qui a été entamée avec Internet, cette économie de partage :

 

Page 350 : « D’abord les programmeurs ont partagé librement le code ; puis Facebook et Twitter ont permis aux gens de partager leur vie ; après quoi, YouTube et Flickr leur ont donné les moyens de partager leur créativité. Maintenant les gens partagent leurs biens matériels. »

 

En détail :

  • La révolution de l’open-source: c’est Linux (pour les systèmes d’exploitation), c’est Mozilla (navigateur, client FTP, outil de suivi de bug…), c’est OpenOffice (pour la bureautique), c’est WordPress (pour les blogs), c’est Oscommerce (pour les sites de e-commerce), c’est Wikipedia pour la connaissance, c’est Tesla qui a rendu ses brevets publiques, ce sont tous ces inventeurs et ingénieurs qui mettent à disposition gratuitement le code pour imprimer des objets en 3D
    • collaboratif : parce que c’est une communauté de programmeurs et d’utilisateurs qui crée, teste et améliore les produits
    • latéral : parce qu’il n’y a pas de hiérarchie centralisée. Il y a des cahiers des charges puis chacun peut créer son plugin WordPress ou une page Wikipedia, en organisant son projet, ses ressources, son temps comme il l’entend
    • connecté : parce que tous les échanges sont en ligne, instantanés, sans frontière. Ce qui est le plus important c’est le réseau social que l’on se constitue
  • La révolution des réseaux sociaux : pour une communication ouverte, partagée et on ne peut plus horizontale. Il n’y a plus un maître à penser, un professeur, un journal de référence qui diffusent l’information et la culture de haut en bas. Désormais, chacun suit les blogs, les amis, les sources d’information qui lui importent. Mon réseau social et donc mes sources d’information ne sont pas ceux de ma femme, ni ceux de mon patron, ni ceux de mes amis. Il y a des échanges entre les différents cercles mais ça reste un flux d’information qui m’est propre
  • L’uberisation de l’économie: partager nos biens, nos savoirs et nos talents, gratuitement sur des plateformes de troc ou de don ou de façon payante
    • Pour le partage de biens et services gratuits, une recherche internet sur « échange de services » ou « échange troc gratuit » renvoie des dizaines de sites d’échange. Topito a dressé aussi une liste des sites de services entre particuliers
    • Pour les services commerciaux d’échanges, les plus connus sont AirBnB, Drivy, OuiCar, les sites de covoiturage, de repas (A DEVELOPPER – page en construction)

 

Les grands secteurs de l’économie des communaux collaboratifs sont :

  • Secteur de la connaissance: en plus de Wikipedia, on peut considérer qu’il existe des sites gratuits, des blogs, des forums, des tutoriels couvrant absolument tous les domaines de la connaissance humaine. C’est une information librement et gratuitement produite, mise en forme, partagée et corrigée par les utilisateurs. Ce sont des pans entiers de l’économie marchande traditionnelle du savoir, de la connaissance qui se sont effondrés, qui s’effondrent ou qui devront se réinventer
  • Secteur de l’éducation: la grande révolution de l’apprentissage et de l’instruction porte 4 lettes : MOOC (Massive Open Online Course). Tous les champs de l’éducation secondaire et universitaire sont concernés par cette nouvelle technologie. Il y a besoin d’une équipe de professeurs pour concevoir, rédiger et mettre en ligne un cours, avec exercices, contrôles, forums pour poser des questions, puis ce sont des millions d’étudiant qui peuvent suivre ce parcours et obtenir un diplôme
  • Secteur de la communication, des médias, de la culture: la génération Z, celle composée des jeunes nés autour des années 2000, ne regarde quasiment plus la télévision ni ne lit de journaux. En revanche, elle est en permanence connectée entre elle et sur Internet. Elle consomme du contenu culturel au sens le plus large possible (vidéos, photos, humour, lectures, blog de voyage, musique) créé et mis en ligne par ses pairs. L’information circule en directe sur les réseaux sociaux, des révolutions du printemps arabe à Nuit Debout. Pourquoi lire le magazine GEO alors que nos amis publient des images du monde entier en permanence ?
  • Secteur de biens matériels: la grande révolution à venir, est celle des imprimantes 3D. Possédées par tout un chacun ou mises en partage dans des ateliers, grâce aux instructions d’impression déjà publiées gratuitement, tout pourrait être produit localement, à la demande et en ne payant que le coût de la matière première, de l’énergie et de la machine

 

Selon les mots de Jeremy Rifkin (p338), la nouvelle génération est dans « l’économie de l’accès et non plus de la propriété »

 

Page 338 : « A l’ère capitaliste, nous en sommes venus à définir la liberté en termes négatifs: le droit d’exclure. L’automobile (seul dans sa voiture privée) est devenue le symbole de notre conception de la liberté. Mais la génération Internet ne définit plus à présent la liberté négativement – le droit d’exclure les autres. Elle l’a définit positivement : le droit d’être inclus. Pour ces jeunes, la liberté c’est la possibilité d’améliorer sa vie, en diversifiant ses expériences et en démultipliant ses relations dans les diverses communautés auxquelles on s’affilie au cours de sa vie. La liberté se mesure d’avantage à la capacité de se connecter aux autres sur des réseaux qu’à la possession de biens sur le marché. Être continuellement connecté aux autres sur des réseaux sociaux donne un sens à la vie.

Les jeunes privilégient l’accès aux biens plutôt que leur propriété. »

 

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