L’économie sociale et solidaire

Définition officielle

Voici deux définitions très bien formulées. Celle du gouvernement :

L’économie sociale et solidaire (ESS) rassemble les entreprises qui cherchent à concilier solidarité, performances économiques et utilité sociale. Acteur économique de poids, l’ESS représente 10 % du PIB et près de 12,7 % des emplois privés en France. Ce secteur compte environ 200 000 entreprises et structures et 2,38 millions de salariés.

Et celle de la région Ile-de-France :

On parle aujourd’hui d’économie sociale et solidaire pour faire référence aux entreprises et aux associations dont la finalité est davantage tournée vers la plus-value sociale ou environnementale que vers la recherche du gain financier. Cette utilité sociale, difficilement évaluable, est au cœur du projet économique des organisations de l’économie sociale et solidaire.

Lorsqu’une entreprise d’insertion remet sur pied quelqu’un en difficulté et le réinsère dans le monde du travail, elle lui apporte un mieux-être, comme à son entourage, et permet à la collectivité d’économiser des allocations chômage ou des minima sociaux. Lorsqu’un agriculteur en bio diffuse moins de pesticides dans l’environnement, il contribue à un meilleur environnement pour tous. Il a donc une utilité sociale, même si celle-ci ne se traduit pas, pour lui, par un revenu supplémentaire.

L’ESS comme modèle économique et politique

Dans la cartographie des modèles économiques (viables) que ce blog présente, l’ESS est le pont entre ce qu’il peut rester d’une utopie communiste, égalitaire, fraternelle et les aspirations modernes de liberté d’entreprise et d’économie de marché.

L’ESS emprunte pour beaucoup les modes de fonctionnement du monde associatif. Mais nous parlons ici d’une vraie économie, pas d’un club de foot local tenu par quelques bénévoles, fonctionnant avec quelques subventions de la mairie.

Les définitions données ci-dessus étant claires et complètes, j’ai choisi d’illustrer l’ESS par trois exemples qui montrent leur rôle économique et leurs choix sociétaux.

Les jardins de Cocagne

A connaissance, l’association Les jardins de Cocagne est l’exemple le plus abouti de ce que l’ESS peut offrir de meilleur.

Créé en 1991, le premier Jardin de Cocagne allie « le principe de la distribution en circuit court à des clients qui sont aussi des adhérents de l’association, l’insertion par le travail pour des personnes en grande précarité, et le cahier des charges de l’agriculture biologique ». En bref, des personnes en réinsertion cultivent et distribuent des fruits et légumes bio, à des clients qui sont des adhérents (sur le principe des AMAP) et donc qui s’engagent sur un programme d’achat.

L’activité s’inscrit dans une vraie démarche économique : produire, vendre, verser des salaires, être compétitif par rapport aux autres vendeurs, démarcher des clients, recruter, administrer… avec un très fort engagement social, sociétale et écologique. Faire travailler des personnes en réinsertion, c’est accepter une plus faible productivité et des efforts plus importants de formation.

C’est un projet qui inscrire dans une pensée libérale : l’Etat n’a pas l’apanage de l’aide sociale. Des structures privées peuvent réaliser cette action plus efficacement, pour moins cher pour le contribuable, avec leurs propres règles, leurs propres méthodes. C’est la liberté d’entreprendre, autant dans le secteur agricole et marchand que dans le social et l’écologique.

C’est le plus beau et le plus abouti projet sociétal que je connaisse. Un très beau portrait de son créateur, Jean Guy Henckel  a été réalisé par le Projet Imagine

Archimède

L’association Archimède donne des cours (payants) d’apprentissage de la natation aux adultes. Elle emploie des maîtres-nageurs professionnels et loue des lignes d’eau dans diverses piscines. C’est le travail à temps plein de la personne qui a fondé cette association. L’association demande une cotisation à ses adhérents et fait payer les cours. Avec cette argent, elle verse des salaires pour les employés administratifs et les maitres-nageurs et des charges pour la location des bassins. Comme toute entreprise, elle doit équilibrer ses comptes, générer plus de revenus que de dépenses. Comme toute entreprise, elle paie des charges sociales sur les salaires et divers impôts.

En choisissant le mode associatif, la fondatrice et dirigeante a fait le choix :

  • D’inscrire son activité dans un projet social : apprendre la nage à des adultes qui n’en ont pas eu la possibilité plus jeune
  • Considérer l’élève comme un adhérent de l’association plutôt qu’un client
  • Avoir pour objectif de verser des salaires mais pas de réaliser des bénéfices

Proxité

« L’association Proxité agit au cœur des quartiers populaires en faveur de l’insertion scolaire et professionnelle des jeunes, en leur proposant un accompagnement individuel par des bénévoles actifs dans le monde du travail. » C‘est une association caritative plus conforme à ce que l’on connait : les revenus principaux sont les subventions publiques et les dons d’entreprises (mécénat), la force vive est fournie par des bénévoles qui dispenses des cours particuliers, le tout encadré par une petite équipe salariée.

Je la présente ici car ce modèle est important dans le débat de société actuel :

  • L’action sociale est prise en charge par des acteurs privés
  • Un secteur bénévole entre en concurrence avec le secteur marchand du soutien scolaire et cours particuliers
  • Cela illustre que l’on peut avoir un Etat-social dans une société libérale. //Voir POST//
  • Ces deux points posent des questions, ouvrent des perspectives et reflètent un monde qui change.

Mais ce pose la question du financement de l’Etat-social dans une économie de partage, de bénévolat, collaborative //voir POST//

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